Les cours royales reposaient sur le cérémonial et une unité publique soigneusement mise en scène, mais derrière les portes du palais, la rivalité devenait rapidement acharnée — même si la royauté s’efforçait de dissimuler ses affaires aux regards indiscrets du public. Ces 20 moments montrent comment les rivalités personnelles au sein de ces cercles n’ont pas seulement ruiné des relations ; elles ont bouleversé des dynasties et détruit des familles tout entières.
1. Cléopâtre et sa sœur Arsinoé IV
Sur le papier, Arsinoé IV n’était que la sœur cadette de Cléopâtre. En réalité, elle était un véritable spectacle public : elle avait notamment été exhibée à Rome lors du triomphe de Jules César, après avoir contesté l’autorité de Cléopâtre pendant la guerre civile égyptienne. Elle se réfugia par la suite au temple d’Artémis à Éphèse, mais en 41 av. J.-C., Cléopâtre persuada Marc Antoine de faire exécuter Arsinoé.
2. Élisabeth Ire a fait emprisonner Marie, reine d'Écosse
Lorsque Marie, reine d’Écosse, arriva en Angleterre en 1568, elle avait déjà traversé bien des épreuves. Elle avait été chassée de son trône et espérait que sa cousine Élisabeth Ire l’aiderait à le reconquérir. Au lieu de cela, Élisabeth la maintint en détention pendant près de deux décennies. Ce drame prit finalement fin au château de Fotheringhay en 1587, où Marie fut décapitée.
3. Marie Ire a envoyé la princesse Élisabeth à la Tour de Londres
Cela ne veut pas dire pour autant qu’Élisabeth Ire n’ait pas dû surmonter son lot d’obstacles. Avant de devenir l’une des monarques les plus célèbres d’Angleterre, sa demi-sœur Marie Ire la considérait comme un dangereux problème politique. Après la rébellion de Wyatt en 1554, Élisabeth fut soupçonnée d’y avoir participé et envoyée à la Tour de Londres, là où sa mère, Anne Boleyn, avait elle aussi attendu son exécution.
4. Catherine de Médicis s'empara de Chenonceau
Diane de Poitiers était depuis des années la favorite du roi Henri II de France, et cette proximité avec le souverain s’accompagnait d’avantages — comme le fait qu’Henri lui ait offert le château de Chenonceau en cadeau royal. À sa mort, en 1559, sa veuve, Catherine de Médicis, agit rapidement et contraignit Diane à céder le château en échange de Chaumont-sur-Loire. Catherine fit alors de ce lieu l’un de ses propres centres de pouvoir.
5. Anne Boleyn a arraché la princesse Marie à son ancienne vie
Après que Henri VIII eut rompu avec Catherine d’Aragon et épousé Anne Boleyn, la princesse Marie fut la cible de vives critiques. Elle fut déclarée illégitime et écartée du cercle des proches de la couronne, puis envoyée servir au service de la fille d’Anne, la princesse Élisabeth. La situation s’aggrava encore davantage lorsque Marie refusa d’accepter ce nouvel ordre, ce qui ne fit qu’attiser la colère des alliés d’Anne.
6. L’ascension de Néron a coûté la vie à Britannicus
Britannicus était le fils biologique de l’empereur Claude, mais cela n’avait guère d’importance. En réalité, c’est Néron qui accéda le premier au trône, après que Claude l’eut adopté et désigné comme héritier. Comme on pouvait s’y attendre, Britannicus mourut subitement lors d’un banquet en 55 de notre ère, peu avant son quatorzième anniversaire. Tout au long de la soirée, Néron affirma aux convives que Britannicus était simplement victime d’une crise d’épilepsie, mais le sort en était déjà scellé.
7. Hérode le Grand s'est retourné contre Mariamne et leurs fils
Hérode le Grand n’a pas vraiment épousé Mariamne Ire par amour ; il l’a fait parce que son sang hasmonéen contribuait à légitimer son règne sur la Judée. Cela n’a toutefois pas suffi à la sauver, d’autant plus que les accusations portées contre elle à la cour prenaient un tournant mortel. Hérode l’a alors fait exécuter en 29 av. J.-C. sous le chef d’accusation d’adultère, puis a également fait exécuter leurs fils.
8. Mehmed III a fait étrangler 19 de ses frères
Et nous qui pensions que s’en prendre à un seul membre de sa famille était déjà suffisamment grave. Lorsque Mehmed III devint sultan ottoman en 1595, il adopta une pratique dynastique brutale destinée à prévenir toute guerre civile entre frères de sang. Pour résumer, il ordonna l’exécution de 19 de ses frères, ce qui donna lieu à l’une des nuits les plus tristement célèbres de l’histoire ottomane.
9. Soliman le Magnifique a tué le prince Mustafa
Şehzade Mustafa, le fils aîné encore en vie de Soliman le Magnifique, était très admiré par les soldats et les fonctionnaires, qui voyaient tous en lui un successeur potentiel de premier plan. Mais cela ne plaisait pas à tout le monde, et en 1553, Soliman convoqua Mustafa dans sa tente et le fit exécuter sous l’accusation de trahison.
10. Aurangzeb a vaincu Dara Shikoh et emprisonné Shah Jahan
Lorsque l’empereur moghol Shah Jahan tomba malade en 1657, ses fils plongèrent l’empire dans une guerre de succession. La situation prit alors une tournure interne lorsqu’Aurangzeb vainquit son frère aîné, Dara Shikoh, le fit exécuter en 1659 et fit assigner leur père à résidence au fort d’Agra.
11. Jahangir fit mettre le prince Khusrau aux fers
L’empereur moghol Jahangir venait à peine d’accéder au trône lorsque son fils aîné, le prince Khusrau, se rebella en 1606 (aux côtés de personnalités influentes du nord de l’Inde). Khusrau fut finalement vaincu près de Lahore, amené enchaîné devant son père, puis aveuglé. Ses partisans ne furent pas épargnés : toute personne impliquée dans la révolte fut également soumise à de sévères châtiments.
12. Henri II s'est rebellé contre son propre père
Henri II fit couronner son fils aîné encore en vie de son vivant, ce qui signifiait en réalité que le prince portait le titre solennel de roi sans exercer aucune autorité réelle. Quoi qu’il en soit, en 1173, ce soi-disant pouvoir lui monta à la tête, et Henri le Jeune Roi se rebella, rejoint par ses frères Richard et Geoffroy, ainsi que par leur mère, Aliénor d’Aquitaine. La révolte échoua, et sa mère fut emprisonnée pendant des années.
13. La disparition du neveu du roi Jean
Arthur de Bretagne n’était pas seulement le neveu du roi Jean : il était un rival de taille pour certaines parties de l’héritage angevin, surtout après la mort de Richard Cœur de Lion en 1199. Jean en était bien conscient et fit capturer Arthur en 1202. Il le garda ensuite en détention, et le jeune duc disparut soudainement l’année suivante dans des circonstances suspectes.
14. Édouard IV fit exécuter son frère
George, duc de Clarence, a souvent changé d’avis pendant la Guerre des Deux-Roses, passant d’une alliance à l’autre au fil des ans et allant même jusqu’à conspirer contre son frère, le roi Édouard IV. En 1478, Édouard en eut finalement assez : Clarence fut condamné pour trahison et exécuté à la Tour de Londres.
15. Louis XIV a fait tomber Nicolas Fouquet
Qui aurait cru qu’un seul château puisse causer autant de problèmes ? (Essayez de nous suivre !) Nicolas Fouquet, ministre des Finances de Louis XIV, fit construire Vaux-le-Vicomte avec l’aide de l’architecte Louis Le Vau, du peintre Charles Le Brun et du paysagiste André Le Nôtre. Cependant, en 1661, Fouquet organisa une fête somptueuse en l’honneur du jeune roi, et il ne fallut pas longtemps à Louis XIV pour le faire arrêter, juger et condamner à la prison à vie. Il fit ensuite appel à l’équipe qui avait travaillé sur Vaux-le-Vicomte pour l’aider à bâtir sa propre image royale à Versailles.
16. Irène d'Athènes fit aveugler son fils
Irène d’Athènes régna en tant que régente au nom de son jeune fils Constantin VI après la mort de l’empereur Léon IV. Mais il s’agit là d’un épisode du passé : lorsque Constantin tenta de régner de son propre chef, ils s’affrontèrent pour le contrôle de l’Empire byzantin — une querelle qui se solda par la capture de l’empereur par les partisans d’Irène en 797. Il fut alors aveuglé, et Irène régna en tant qu’impératrice en son propre nom.
17. Le fils de Pierre le Grand
Le tsarévitch Alexeï, fils de Pierre le Grand, était en désaccord avec les réformes de son père ; il s’y opposa et finit par fuir en Russie pour se réfugier sur le territoire des Habsbourg. Mais Pierre le fit revenir par la ruse, le contraignit à renoncer à ses prétentions au trône et le fit comparaître devant un tribunal spécial qui le condamna à mort. Alexeï mourut en 1718 après avoir été torturé.
18. Néron fit assassiner Agrippine
On aurait du mal à imaginer qu’on puisse se retourner contre quelqu’un qui a contribué à faire de soi un empereur — surtout sa propre mère —, mais c’est pourtant ce qui s’est passé. Agrippine la Jeune a manœuvré avec une habileté remarquable pour placer son fils Néron sur le trône de Rome, mais dès qu’il a commencé à régner, celui-ci s’est retourné contre elle presque immédiatement. Il l’a écartée du pouvoir, l’a dépouillée de toute influence et a fini par ordonner son assassinat en 59 de notre ère.
19. Le scandale du mariage de George Ier
Avant de devenir roi de Grande-Bretagne, Georges-Louis de Hanovre était marié à Sophie-Dorothée de Celle. Ce n’était certainement pas un mariage d’amour, et la liaison qu’on lui prêtait avec le comte Philippe-Christophe von Königsmarck prit fin en 1694 lorsque ce dernier disparut. On le crut mort, et quant à Sophie, elle fut enfermée au château d’Ahlden, où elle resta près de 30 ans.
20. Catherine la Grande a fait attendre Paul pendant des décennies
Paul Ier de Russie a grandi dans l’ombre de sa mère, Catherine la Grande. C’est elle qui avait pris les rênes du pouvoir après le renversement et la mort du père de Paul, Pierre III, et elle n’avait pas vraiment l’intention de céder le pouvoir. Elle a même tenu Paul à l’écart de toute autorité pendant la majeure partie de son règne, et selon certaines sources, elle aurait envisagé de le contourner au profit de son fils. Cela n’a pas fonctionné, et lorsque Paul est finalement devenu empereur en 1796, il a modifié la loi sur la succession en Russie afin de privilégier l’hérédité par la lignée masculine.