L’histoire n’a jamais été particulièrement clémente envers les femmes, surtout celles dont la vie privée a été exposée au grand jour. L’injustice la plus flagrante résidait sans doute dans le fait que l’identité de ces femmes n’avait en réalité aucune importance. Certaines étaient des reines, d’autres des nobles, et d’autres encore de simples citoyennes dont les relations amoureuses étaient considérées comme une menace pour l’ordre social qui les entourait. Quoi qu’il en soit, revenons sur le destin de 20 femmes dont la vie a été définitivement brisée pour avoir aimé la « mauvaise » personne.
1. Inês de Castro
Inês de Castro était une noble qui devint la maîtresse du prince Pedro du Portugal, un homme déjà marié à Constanza Manuel. Le père de Pedro, le roi Afonso IV, craignait que les liens avec la famille Castro ne compliquent la situation ; il ordonna donc qu’Inês soit mise à mort en 1355. Cela rendit Pedro tellement furieux qu’il se mit à traquer plusieurs des hommes impliqués dès qu’il devint roi. Curieusement, l’histoire ne s’arrête pas là. Pedro affirma par la suite qu’il avait épousé Inês en secret, et leurs tombes furent placées pied contre pied afin que les amants puissent, soi-disant, se voir lors de la résurrection.
2. Agnès Bernauer
Agnès Bernauer, fille d’un barbier d’Augsbourg, devint en secret la compagne d’Albert III de Bavière dans les années 1430. Le père d’Albert, le duc Ernest, ne voyait dans cette union qu’un problème et fit accuser Agnès de sorcellerie avant qu’elle ne soit noyée en 1435.
3. Héloïse d’Argenteuil
Héloïse était une brillante jeune érudite dans le Paris du XIIe siècle lorsqu’elle tomba amoureuse de son précepteur, Pierre Abélard. Elle donna également naissance à leur fils, Astrolabe. Cependant, leur mariage secret ne fit qu’exaspérer son oncle Fulbert et le mit dans une telle rage qu’Abélard fut sévèrement puni. Héloïse fut quant à elle contrainte, contre son gré, d’entrer au couvent.
4. Marguerite de La Rocque
Marguerite de La Rocque s’embarqua pour la Nouvelle-France dans les années 1540 en compagnie de Jean-François de Roberval, un puissant parent qui dirigeait une expédition coloniale. Lorsqu’elle prit un amant à bord du navire, Roberval l’abandonna sans ménagement, ainsi que son amant et sa servante, sur la soi-disant « Île des Démons ». Marguerite survécut, mais son amant, sa servante et son bébé périrent.
5. Katherina Hetzeldorfer
Dans les années 1470, Katherina Hetzeldorfer vivait avec une femme qu’elle présentait à son entourage comme sa sœur. Les archives judiciaires font toutefois état d’accusations selon lesquelles les deux femmes vivaient en réalité comme un couple marié, et en 1477, Katherina fut exécutée par noyade. Les historiens considèrent aujourd’hui cet événement comme l’une des toutes premières exécutions connues d’une femme pour relations homosexuelles en Europe.
6. Agatha Dietschi
Bien sûr, Katherina n’était pas la seule à avoir été punie pour de tels faits. Agatha Dietschi, qui vivait à Bâle dans les années 1540, fut elle aussi accusée d’avoir entretenu une relation sexuelle avec une femme nommée Anna Reuli. Bien que le tribunal ne l’ait pas condamnée à mort, il la punit néanmoins publiquement en la soumettant au pilori et à l’exil.
7. Sophie-Dorothée de Celle
Sophie-Dorothée de Celle était prisonnière d’un mariage malheureux avec Georges-Louis de Hanovre, et personne ne venait à son secours. Elle parvint à trouver un peu de réconfort et entama une liaison avec le comte Philippe-Christophe von Königsmarck, mais lorsque des rumeurs concernant leur relation se répandirent en 1694, Königsmarck disparut mystérieusement. Quant à Sophie-Dorothée, elle fut divorcée, dépouillée de son titre et emprisonnée au château d’Ahlden pour le reste de sa vie.
8. Lady Arbella Stuart
Lady Arbella Stuart avait un lien de parenté suffisamment proche avec la famille royale pour inquiéter Jacques Ier, ce qui faisait de son mariage secret avec William Seymour, célébré en 1610, une véritable menace politique. Le roi tenta de consolider son pouvoir en faisant emprisonner Seymour à la Tour de Londres et en plaçant Arbella en résidence surveillée. Lorsque le couple tenta de s’enfuir, elle fut capturée avant qu’ils n’aient pu se retrouver, et mourut à la Tour de Londres en 1615.
9. Julia l'Aînée
Julia l’Aînée, unique enfant biologique d’Auguste, fut mariée à plusieurs reprises pour servir les desseins de son père. Comme si cela ne suffisait pas, en 2 av. J.-C., Auguste l’accusa d’adultère et l’exila sur l’île de Pandateria. Elle fut privée de tout luxe et de tout contact libre avec les hommes.
10. Valérie Messaline
Valeria Messalina, épouse de l’empereur Claude, fut impliquée avec le sénateur Gaius Silius dans un scandale qui fit la une de l’actualité à l’époque. Selon les récits romains, elle alla jusqu’à épouser Silius pendant l’absence de Claude, ce qui fit passer cette liaison pour un défi direct au pouvoir impérial. Comme vous pouvez l’imaginer, Claude n’apprécia pas cela et fit exécuter les deux amants en 48 de notre ère.
11. Yang Guifei
Yang Guifei était la concubine bien-aimée de l’empereur Xuanzong de la dynastie Tang ; si cela peut paraître idyllique, son attachement à elle s’est en réalité révélé être un fardeau lors de la révolte d’An Lushan. Lorsque la cour impériale quitta Chang’an en 756, les soldats tinsent la famille Yang pour responsable du désastre et exigèrent sa mort. Finalement, Xuanzong consentit à ce qu’elle soit contrainte de se suicider à Mawei.
12. La concubine Qi
La concubine Qi était l’une des favorites de Liu Bang, l’empereur Gaozu de la dynastie Han, et elle lui donna même un fils nommé Liu Ruyi. Cependant, après la mort de Gaozu, l’impératrice Lü s’en prit à la fois à Qi et à son fils, et les récits historiques chinois rapportent qu’elle fut tuée lors d’un acte de vengeance particulièrement brutal.
13. La princesse Gaoyang
La princesse Gaoyang de la dynastie Tang est restée dans les mémoires pour une liaison présumée avec le moine bouddhiste Bianji, mais il convient peut-être de prendre cette histoire avec des pincettes. Bien que les sources historiques modernes restent un peu floues, certains récits indiquent que Bianji aurait été exécuté après la découverte de cette liaison, tandis que la réputation de Gaoyang aurait été définitivement entachée à la cour.
14. Francesca da Rimini
Francesca da Rimini s’est mariée dans la famille Malatesta de Rimini vers la fin du XIIIe siècle (oui, dans le cadre d’une alliance politique). Elle est tombée amoureuse de Paolo Malatesta, le frère cadet de son mari, et Giovanni les a tués tous les deux après avoir découvert leur liaison.
15. Maria d’Avalos
Maria d’Avalos était l’épouse de Carlo Gesualdo, prince de Venosa — un compositeur aujourd’hui autant connu pour un meurtre que pour sa musique. En 1590, il surprit Maria en compagnie de son amant, Fabrizio Carafa, et bien que les documents qui nous sont parvenus ne précisent pas exactement pourquoi elle avait tant risqué pour lui, Carlo fit exécuter les deux hommes à Naples.
16. Anne Boleyn
Vous avez entendu parler d’elle, mais vous ne connaissez peut-être pas son histoire. En 1536, Anne Boleyn était devenue une menace pour les projets du roi. Elle fut accusée de tout, de l’adultère à la trahison, et fut exécutée par un bourreau français venu spécialement à la Tour de Londres pour l’occasion. Aujourd’hui encore, ces accusations font l’objet de vifs débats.
17. Catherine Howard
Catherine Howard n’était encore qu’une adolescente lorsqu’elle devint la cinquième épouse d’Henri VIII, et ses anciens amants ne tardèrent pas à faire l’objet d’une affaire d’État. Après que des allégations concernant Francis Dereham et des rencontres secrètes avec Thomas Culpeper eurent été rendues publiques, le Parlement la condamna sans procès en bonne et due forme. Elle fut exécutée à la Tour de Londres en 1542.
18. Marie, reine d'Écosse
Marie, reine d’Écosse, a contracté l’un des mariages les plus désastreux de l’histoire royale : celui avec James Hepburn, comte de Bothwell, en 1567. La raison pour laquelle cette union était si risquée tenait au fait que Bothwell avait été accusé d’implication dans le meurtre de l’ancien époux de Marie, lord Darnley. Comme on pouvait s’y attendre, elle fut emprisonnée au château de Lochleven et contrainte d’abdiquer en faveur de son fils, Jacques VI, qui n’était alors qu’un nourrisson.
19. Éléonore de Garzia de Tolède
Eleonora di Garzia di Toledo épousa Pietro de’ Medici alors qu’elle était encore adolescente et entra ainsi dans l’une des familles les plus puissantes de la Renaissance italienne. On pourrait croire que tout n’était que bonheur jusqu’en 1576, année où Pietro la tua à la Villa Médicis de Cafaggiolo après l’avoir accusée d’infidélité et de déloyauté politique.
20. Edith Thompson
Edith Thompson était une modiste londonienne dont la liaison avec Frederick Bywaters fut au cœur d’un procès pour meurtre qui fit grand bruit en 1922. Selon la version des faits, Bywaters aurait tué Percy, le mari d’Edith, mais le ministère public s’est appuyé sur les lettres d’Edith pour affirmer que c’était elle qui avait incité Bywaters à commettre ce crime. Bien que Bywaters ait toujours nié avoir joué un rôle dans ce crime, Edith fut tout de même pendue en janvier 1923.